Mozart & Salierie - Le duel

En 1897, Rimski-Korsakov met en musique la courte tragédie de Pouchkine Mozart et Salieri, texte dense et incisif qui interroge la rivalité supposée entre les deux compositeurs.

Sur scène, deux figures se font face : Salieri, artisan appliqué dont la maîtrise technique tient lieu d’inspiration, et Mozart, esprit libre, presque traversé par le génie. Le dialogue entre les deux hommes, tendu comme une corde, explore l’injustice, l’admiration, la jalousie et l’effondrement intérieur.

Jean Lacornerie aborde cette œuvre comme l’une des grandes fables russes autour du “meurtre du poète”, thème récurrent de la culture de Pouchkine :

« Il l’a attiré sur la neige, et là, près des arbustes noirs et nus, il l’a tué. »

La légende amplifiée par le film Amadeus trouve ici une lecture plus resserrée, plus intime, concentrée sur ce qui brûle au cœur de la création artistique.

C’est moins un crime qu’un vertige, moins un mythe qu’une réflexion incisive sur ce qui sépare le travail du génie, et l’admiration de la destruction.

CHOREGRAPHIE ET TENSION DRAMATIQUE

Présenté à l’Opéra de Lyon, ce projet réunit le metteur en scène Jean Lacornerie et une équipe artistique attentive à la dimension théâtrale du texte.

Aux côtés du metteur en scène, Mathieu Lebot Morin signe la chorégraphie, travaillant le mouvement comme une respiration du drame : tension des corps, glissements d’énergie, gestes infimes qui prolongent les mots de Pouchkine et les lignes de Korsakov.

La mise en scène explore un espace presque nu, où l’affrontement est intérieur, et où chaque geste devient un élément du trouble.

Entre théâtre, musique et stylisation du mouvement, Mozart et Salieri trouve une expressivité où le conflit créateur, plutôt qu’un simple crime, devient une véritable tragédie de l’âme.

Distribution

Direction musicale Pierre Bleuse

Mise en scène Jean Lacornerie

Chorégraphie Mathieu Lebot Morin

Décors et costumes Bruno de Lavenère

Lumières David Debrinay

Vidéo Etienne Guiol avec Valentyn Dytiuk, Pawel Kolodziej, Louis Thélot et l’orchestre de l’opéra de Lyon

PHOTOS

Des instants où la rivalité se lit autant dans les ombres que dans les regards.