La langue comme tremplin
De 2018 à 2023, Mathieu Lebot Morin intervient auprès de jeunes réfugiés dans le cadre de la Garantie Jeunes Réfugiés, en collaboration avec Antoine Bigot, formateur et référent FLE.
Trois heures par semaine, il propose un travail de langue ancré dans le corps, la voix et la présence afin d’aider ces jeunes de 16 à 26 ans à s’exprimer plus clairement, comprendre les nuances du français et gagner en confiance.
L’atelier devient un espace d’écoute, de progression et d’ancrage, où chaque jeune est accompagné pour trouver sa place dans la langue… et dans la ville.
Entre 2018 et 2023, la Mission Locale de Lyon met en place un accompagnement spécifique pour les jeunes réfugiés, en collaboration avec Forum Réfugiés Cosi. Dans ce cadre, Mathieu Lebot Morin intervient chaque semaine pendant trois heures pour travailler la langue française à travers des outils issus du théâtre, de la voix et du jeu scénique. L’atelier devient un espace où la langue s’expérimente autrement, loin du cadre strict de l’exercice scolaire, et où chacun peut faire entendre sa voix avec plus d’assurance.
Le travail commence souvent par une exploration très fine des sons : écouter, reconnaître, reproduire, comprendre comment la bouche, la langue et le souffle doivent s’agencer. Cet entraînement, patient et précis, aide les jeunes à clarifier leur diction et à éviter les confusions sonores qui freinent leur compréhension. Peu à peu, ils développent une conscience corporelle et vocale qui leur permet d’être mieux compris dans leur quotidien.
En continuité avec la progression menée en cours de FLE par Antoine Bigot, formateur référent sur le dispositif, les séances intègrent aussi un travail régulier sur les temps du français. Les participants sont invités à raconter ce qu’ils ont fait, ce qu’ils font, ce qu’ils feront. Ces récits simples deviennent un terrain d’apprentissage vivant : chacun parle de son histoire, de sa journée, de ses projets, ce qui permet d’ancrer la grammaire dans le réel, dans l’expérience et non dans l’abstraction.
La lecture à voix haute occupe également une place importante. Souvent, un texte écrit en atelier sert de support : un court passage volontairement composé de sons variés que les jeunes lisent, corrigent et réhabitent plusieurs fois. Cette pratique n’est jamais pensée comme un exercice de performance, mais comme un moyen d’être clair, audible et compris. Les outils de respiration, de rythme ou d’articulation, empruntés au travail des interprètes, les aident à gagner en assurance et à apprivoiser la musicalité de la langue française.
Séance après séance, l’atelier devient un lieu de confiance où l’on peut essayer, se tromper, recommencer, avec le soutien du groupe. La prise de parole ne se joue plus sous le regard de l’échec, mais dans un espace bienveillant où chacun avance à son rythme. Cette démarche renforce la capacité de chaque jeune à s’exprimer dans son quotidien, à se présenter, à demander, à raconter, à défendre son parcours.
Ici, la langue n’est plus un obstacle, mais un tremplin pour prendre place dans la société.
Metteur en scène et chorégraphe, je crée des espaces où le corps, la voix et le collectif trouvent leur place. Professionnels ou amateurs, chacun contribue à l’élan d’une œuvre.
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